Alpha Condé un president decu
Alpha trahi ou s'est il trahi on pose la question
Mamadou- journalist

Alpha Condé (Écouterⓘ), né le 4 mars 1938 à Boké en Basse-Guinée, est un homme d'État guinéen. Il est président de la république de Guinée du 21 décembre 2010 au 5 septembre 2021.
Opposant historique des deux premiers présidents de la Guinée, Ahmed Sékou Touré et Lansana Conté, il est à l’origine du Mouvement national démocratique (MND), qui devient par la suite Unité, justice, patrie (UJP), le Rassemblement des patriotes guinéens (RPG), le Rassemblement du peuple de Guinée, puis le RPG-Arc-en-ciel. Il se présente sans succès aux élections présidentielles de 1993 et 1998.
Il remporte l’élection présidentielle de 2010, obtenant 52,5 % des suffrages exprimés au second tour face au candidat de l'Union des forces démocratiques de Guinée, Cellou Dalein Diallo. Il est élu pour un deuxième mandat en 2015 avec 57,9 % des voix au premier tour. En 2020, à 82 ans et à la suite d’une révision constitutionnelle très impopulaire lui permettant de briguer un troisième mandat, il est réélu une nouvelle fois, recueillant 59,5 % des suffrages dès le premier tour.
En 2021, alors qu'il est accusé de dérive autoritaire, voire de s'être mué en dictateur, Mamadi Doumbouya procède à son arrestation et à sa destitution lors d'un coup d'État.
Famille et formation Origines D'ethnie Malinké, ses parents sont originaires de Kouroussa dans la région de Kankan (Haute-Guinée), pendant la période coloniale, comme cuisinier[Pas dans la source][1]. Son grand-père paternel est originaire du village de Baro, sous-préfecture de la préfecture de Kouroussa, à 37 km de cette ville et 50 km de Kankan[2].
Études Scolarisé à l’école primaire du Centre à Conakry, puis au collège (séminaire) des Pères à Dixinn, Alpha Condé part en France à l'âge de 15 ans, après avoir eu son brevet. Élève en classe de seconde au lycée Pierre-de-Fermat de Toulouse, il poursuit son cursus à Louviers, où des relations de son père le confient au maire, Pierre Mendès France, qui devient son tuteur pendant ses classes de première et terminale. Au lycée Turgot à Paris, il sympathise avec Bernard Kouchner, qu'il considère comme son frère, et passe son baccalauréat dans la capitale[3].
Après un passage à la Sorbonne, Alpha Condé obtient une licence en sociologie puis un diplôme d'études supérieures (DES), avant de devenir docteur d’État en droit public à la faculté de droit de l'université Paris-I.
Carrière professionnelle Alpha Condé commence sa carrière en tant qu'enseignant, chargé de cours à la faculté de droit et sciences économiques de Paris-I.
Il dit avoir été victime d'une agression le 28 mai 1970 à Paris, affirmant avoir reçu des coups de crosse et des coups de mousquetons, en même temps que des injures comme « sale nègre ». Outre des hématomes, une plaie à la hanche et une autre au tibia, il aurait souffert d'une double fracture du nez et d'une fêlure du palais[4][source insuffisante].
Ascension politique Du MND au RPG Il est condamné à mort en 1970, sous la présidence d’Ahmed Sékou Touré[5].
En 1977, dans la foulée de la rencontre tripartite de réconciliation à Monrovia entre les présidents Sékou Touré, Félix Houphouët-Boigny et Léopold Sédar Senghor, Alpha Condé crée le Mouvement national démocratique (MND) avec le professeur Alfa Ibrahima Sow, Bayo Khalifa et d’autres membres fondateurs. Le MND subira plusieurs mutations de la lutte clandestine à la lutte semi-clandestine et enfin à la lutte légale depuis 1991. Le MND devient ensuite Unité, justice, patrie (UJP), le Rassemblement des patriotes guinéens (RPG) puis le Rassemblement du peuple de Guinée (également RPG).
Élection présidentielle de 1993 Alpha Condé rentre en Guinée à la suite de l'ouverture démocratique des années 1990, fruit d'un long combat mené entre autres par Bâ Mamadou, Siradiou Diallo, Mansour Kaba, etc., le multipartisme intégral adopté par le régime du président Conté autorisant la présence de plusieurs partis d’opposition en Guinée. Puis, Alpha Condé prend part à la première élection multipartite du pays, en décembre 1993, après trente ans de régime autoritaire. Lors du scrutin, Condé est un des challengers de Lansana Conté, président depuis le coup d'État de 1984. Le général Conté est déclaré vainqueur avec 51,7 % des voix[6], tandis que les observateurs nationaux et internationaux chargés de la supervision du scrutin dénoncent un fort climat de fraude et que l’opposition conteste unanimement les résultats officiels. Les partisans de Condé s’insurgent particulièrement contre l’annulation par la Cour suprême de la totalité des résultats pour les préfectures de Kankan et Siguiri, où Alpha Condé était vraisemblablement fortement majoritaire. Condé demande à ses militants de ne pas prendre le risque d’entraîner une guerre civile et de concentrer leurs efforts sur le scrutin suivant.
Élection présidentielle de 1998 À l’élection présidentielle suivante, en décembre 1998, Alpha Condé se présente de nouveau, mais est arrêté et emprisonné à la suite d'une tentative d'évasion avant la fin du scrutin[7].
Les résultats officiels publiés par le gouvernement déclarent Lansana Conté vainqueur du premier tour avec 56,1 % suivi de Mamadou Boye Bâ avec 24,6 %. Le 16 décembre, deux jours après le scrutin, nombreux dirigeants de l'opposition sont arrêtés pour préparation présumée d'une rébellion contre la dictature en place. Les mois suivants, des exactions sont commises par des forces militaires sur les sympathisants de l'opposition.
Emprisonnement et condamnation Alpha Condé est maintenu en prison pendant plus de vingt mois avant que le gouvernement ne constitue une cour spéciale pour le juger. Cette incarcération sans procès soulève un fort mouvement de protestation international. Amnesty International dénonce une violation des droits de l'homme et le Conseil de l’Union interparlementaire une violation de l’immunité parlementaire dont Alpha Condé bénéficie en tant que député guinéen. De nombreuses voix s’élèvent tout au long de son emprisonnement pour demander sa libération immédiate, parmi lesquelles celles d’Albert Bourgi, qui organise un important mouvement de soutien envers Alpha Condé, appelé « le comité de libération », ou de Tiken Jah Fakoly, auteur de Libérez Alpha Condé, adressé au général Lansana Conté, que la jeunesse transforme en hymne à la gloire des martyrs et prisonniers politiques africains. Condé reçoit également le soutien de chefs de diplomatie étrangers, à l’instar de Madeleine Albright (États-Unis) qui se déplace à Conakry même.
En France, le président Jacques Chirac s’implique personnellement[8]. Sa mobilisation vient renforcer les multiples requêtes d’autres chefs d’État en demandant officiellement la libération rapide d’Alpha Condé.
L’« affaire Alpha Condé »[9], comme elle est souvent décrite dans la presse, donne lieu à un procès retentissant et marque un tournant politique important pour la Guinée. Le 11 septembre 2000, à l'issue d’un procès commencé le 12 avril précédent devant la « Cour de sûreté de l’État guinéen », spécialement constituée à cet effet, il est condamné à cinq ans de réclusion criminelle pour « atteintes à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national » et « emploi illégal de la force armée ». Son jugement est décrié dans la presse africaine et internationale[10]. Alpha Condé est finalement libéré le 18 mai 2001, après avoir fait l’objet d’une grâce présidentielle, vingt-huit mois après son arrestation.
Junte militaire et élection présidentielle de 2010 Article connexe : Élection présidentielle guinéenne de 2010.
Alpha Condé en 2007. À partir de la mort de Lansana Conté et de la prise du pouvoir par la junte militaire de Moussa Dadis Camara, en 2008, Alpha Condé appelle au retour d’un pouvoir civil, et à la tenue d’élections transparentes. Il le fait au sein des Forces vives, constituées de l'opposition, des syndicats et des autres acteurs de la société civile.
Dans une tribune publiée par le journal Le Monde en janvier 2010, il déclare que les massacres du 28 septembre 2009 au stade de Conakry mettent en évidence la nécessité d’une rupture complète avec le passé[11],[12].
En février 2010, il annonce la candidature de son parti au scrutin présidentiel de juin suivant. Alpha Condé arrive en deuxième position du premier tour, avec 18,25 % des voix, loin derrière l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo (43,60 %)[13]. Cette deuxième place est contestée par le candidat déclaré troisième par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Sidya Touré (13,03 %), qui affirme que la junte militaire au pouvoir, dirigée par Sékouba Konaté, a permuté les résultats entre lui-même et Alpha Condé, sous la pression de la « coordination mandingue ». Le second tour a lieu quatre mois plus tard, au lieu de deux semaines.
Soutenu ouvertement par une partie des militaires de la junte[14], le 15 novembre 2010, Alpha Condé est déclaré vainqueur de l’élection présidentielle par la CENI avec 52,52 % des voix, face à Cellou Dalein Diallo[15]. La Cour suprême valide l'élection le 3 décembre suivant[16] et Cellou Dalein Diallo reconnaît sa défaite. Ce deuxième tour de l'élection est entaché d'irrégularités et Alpha Condé n'explique pas comment il se fait que le peuple guinéen l'aurait soudainement préféré à Cellou Dalein Diallo[17].
Président de la République Investiture Alpha Condé est investi président de la République le 21 décembre 2010 à Conakry, en présence de 13 chefs d'État africains et de délégations gouvernementales d'autres continents. Il promet « une ère nouvelle » et annonce son intention de devenir « le Mandela de la Guinée » en unifiant et développant son pays[18]. Trois jours après son investiture, il nomme l'économiste Mohamed Saïd Fofana au poste de Premier ministre[19].
Attaque de sa résidence Le 19 juillet 2011, des militaires attaquent sa résidence privée de Conakry, dont une partie est soufflée par une roquette[20]. Alpha Condé s'en sort indemne mais un membre de la garde présidentielle est tué[20]. Il accuse des personnalités et des pays voisins (Sénégal et Gambie) d'être derrière l'évènement, ce que ceux-ci démentent[21].
Liberté de la presse Le 28 juillet 2011, quelques jours après l’attaque de sa résidence, l'ONG Reporters sans frontières publie un rapport dans lequel elle demande à Alpha Condé « d'affirmer publiquement son attachement à la liberté de la presse et au respect du pluralisme des médias », tandis que la France l'appelle à ne pas entraver la liberté de la presse et à organiser des élections législatives dans les meilleurs délais[22].